
Pas besoin de vous faire un dessin . Plus les jours passent , plus le système semble au bord de la rupture . Les mécanismes les plus inventifs destinés à sauver le pilier bancaire ne cessent de prendre de l' importance , et ne parviennent même pas à éviter la débacle en cours .
La Fed vient encore récemment d' annoncer l' extension de son programme TARP , ayant pour objet le rachat d' actifs toxiques , dans le but d' éviter la disparition pure et simple de grands noms de la Wall Street .
Le cout du sauvetage d' AIG passe désormais de 85 à 150 billions $ , sans que cela ne garantisse le résultat .
http://www.nytimes.com/2008/11/10/business/economy/10aig.html?_r=1&oref=slogin
Les géants de l' automobile sont aux abois . Général Motors , embourbé dans les déboires de sa filiale financière , GMAC , a perdu 90% de sa valeur en un an et risque purement et simplement d' être rayé de la carte sans une intervention rapide de la Fed . Dans le même temps , Fannie Mae annonce une perte record équivalent à 13 $ par action , tandis que Circuit City est éclaré en faillite .
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aXdq61f3HmOw
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=ausqyp34rOO4&refer=home

Toutes les autorités monétaires de la planète se relaient au chevet d' un système gangrené par les nombreuses métastases des dérivés , et dont personne ne vient à bout . La méthode Bernanke , et son helicopter money , semble inopérante , malgré la brutale accélération des injections de liquidités .

L' évolution de la base monétaire US ressemble de plus en plus à au graphique d' un actif en pleine bulle haussière , tant sa hausse est vertigineuse et incessante . Depuis la dernière parution du graphique dans l' analyse de fin Octobre, celle ci s' est encore accrue de 100 billions $ supplémentaires .
http://www.daily-bourse.fr/analyse-Crise-financiere-systemique-La-derniere-bulle-a-im-vtptc-6797.php

Idem pour la balance de la Fed , en pleine érection, et dont les TBills ne représentent plus qu' une infime partie de sa composition initiale .

On assiste véritablement à une course contre la montre entre les banques centrales d' une part , qui inflatent à tour de bras et la mécanique déflationniste d' autre part , qui avale toutes les formes de liquidités sur son passage , réduisant à néant toutes les structures impliquées de prés ou de loin dans l' effet de levier ou le besoin urgent de refinancement .
De plus en plus d' analystes sont convaincus de l' insolvabilité totale de nombreuses banques et organismes financiers. Et ce n 'est pas l' exemple d' AIG qui viendra contredire cette sombre perspective . La majeure parte des pertes annoncées jusqu' à l' été dernier étaient liées aux fameux Subprime . Désormais , nous assistons à la destruction du capital restant par les CDS , qui oblige banques et grnds noms de Wall Street à quémander le secours de l ' Etat ....
Le graphique suivant illustre assez bien cette situation . L' écart entre pertes enregistrées au cours des 3 premiers trimestres 08 et les besoins en capitaux n' a été comblé qu' àtravers les injections de l' Etat dans ces structures financières . La part de l' Etat dans l' industrie financière ressemble de plus en plus à une natonalisation pure et simple du secteur . Nationalisation rampante , non avouée et probablement à contre-coeur , mais les gouvernements occidentaux n' ont plus le choix . Ce qui est valable pour les US s' avère tout aussi vrai pour l' Europe .
http://ftalphaville.ft.com/blog/2008/10/23/17369/losing-control/

La désintégration du système provoque pas mal de remous outre Atlantique , où l' on assiste à une passe d' armes entre Bloomberg et la Fed , entre autres . Au nom du contribuable, Bloomberg demande la publication de la liste d' actifs toxiques acceptés par la Fed en échange des prêts accordés aux banques , dont la somme totale avoisine les 1.5 trillion $ tout de même !
Bien logique que tout ceci , car il s' agit de l' argent des contribuables .
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=newsarchive&sid=aKr.oY2YKc2g
La demande a été rejetée par la Fed , malgré l' introduction d' une plainte en justice . Ce refus est à mettre en rapport avec le premier rejet du plan Paulson par les sénateurs US suite à certaines clauses permettant à Paulson d' agir en toute liberté , sans avoir à rendre de compte . Bien que ce texte ait été amendé , le désir du secret est encore bien réel dans le chef des autorités monétaires US .
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aatlky_cH.tY&refer=home

Ce besoin de transparence est pourtant bien réel et nécessaire , car les banques ne jouent pas le jeu , que du contraire .
Si on assiste bien à un apaisement en matière de taux interbancaires , comme en témoigne le graphique du Libor où l' on voit le taux Libor repasser sous l' IRX , il n' en va pas de même en ce qui concerne l' accés au crédit pour les secteurs du privé ou les particuliers .

Les banques refusent toujours d' appliquer les récentes baisses de taux et continuent à durcir les conditions d' octroi de prêts.

Que ces banques fassent preuve de prudence dans le contexte actuel est tout à fait normal, me direz vous . J' en conviens , d' autant plus facilement que l' excés de crédit est à la base de la crise actuelle . Mais dans ce cas , comment justifier le programme de primes et autres bonus qui seront octroyés aux dirigeants de ces firmes en état de faillite virtuelle au cours des prochaines semaines ?
Sur les 125 billions $ transférés par le Trésor US dans les 9 " Major Banks " , plus de 100 billions seront reversés en primes diverses pour le management de ces grosses institutions ! Ce qui ne laisse qu' une portion congrue 17 billion $ à relayer vers les crédits à l' industrie . Un comble et une preuve de cynisme intégral à l' heure où des milliers de foyers luttent pour sauvegarder leur toit . Le Congrés US vient d' aileurs de se saisir de l' affaire .....
http://oversight.house.gov/documents/20081028142314.pdf

Dans la même veine , et à mettre en rapport avec le graphique de la base monétaire présenté ici plus haut , les banques continuent à rediriger vers leurs compte propres auprés de la Fed une bonne part des sommes allouées par le gouvernement US . Le graphique du Wresbal subit la même accélération haussière que celui de la base monétaire . Les banques thésaurisent , et refusent de jouer leur rôle de relais auprés de l' économie , encore et toujours .

D' autre part , l' un des derniers communiqués de la Fed n' est pas de nature à inciter ces mêmes banques à remplir leur rôle .
La Fed vient de modifier le taux offert sur les comptes propres des banques dépositaires en leur faveur ( voir communiqué ).
http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20081105a.htm
Bien que je ne sois pas en mesure d ' appréhender toutes les conséquences d' un tel geste , il apparait évident , aux yeux de quelques analystes ,que ce type de mesure s' inscrit en droite ligne dans la dynamique du piège à liquidités dans lequel est tombé le Japon au cours des années 90 .
http://ftalphaville.ft.com/blog/2008/11/06/17903/fed-capitulates-the-central-bank-is-broken/

La route semble donc toute tracée vers un Monde aux Taux Zéro , le fameux Z.I.R.P. , si l' on en croit l' article de Bloomberg .
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601109&sid=ayE0YPzpdD38&refer=home
Peut-être....... La course à la sécurité représentée par les TBonds US vient appuyer cette thèse. Mais encore faudra-t-il s' assurer que le mouvement soit durable et ne s' exerce pas exclusivement au détriment des Bonds en provenances des Agencies ( Fannie, Freddie etc....) , dont es acifs douteux viennent , en fin de compte , altérer la qualité de l' émetteur /sauveteur de dernier ressort , la Federal Reserve et son éternel complice , le Trésor US .

En attendant , le cycle du déleveraging n 'est pas prêt de se terminer . Certes, la partie la plus brutale , imposée par les Hedge Funds et les banques en désarroi , que nous traversons actuellement va probablement toucher à sa fin dans les prochains mois .
Mais ses effets à travers l' économie réelle , les dégats sur le pouvoir d' achat des ménages et la capacité des entreprises à investir se traduiront par une forte contraction de l' activité et une volonté e réduction de l' endettement de la part des ménages . Il ne suffit pas d' amener les taux à zéro pour obtenir une relance de l' activité . L' exemple japonais en est la preuve vivante et servira de guide au cours des prochaines années , si l' hydre déflationniste emporte la partie .
http://www.marketoracle.co.uk/Article7241.html

Dans le cas contraire , l' extrordinaire flot de liquidités généré par les banques centrales finira par se frayer un chemin vers une ou plusieurs classes d' actifs , quitte à ce que ceux ci adoptent un comportement haussier , fut-il décorrélé de l' économie réelle . Ce ne serait ni la première , ni la dernière fois que la Bourse propulse un actif à la hausse en dehors de toute logique fondamentale.......

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